.............>back.....>next

 

 

..Fissür concrete/field recording/improvised music....................all rights reserved
 

ür 04> Tô "elaeis guineensis" cdr 44'




Recordings for this work have been carried out during a two month trip in guinea.Inspired by nature and animism rites,it's a non documentary vision of a land,propelled by the loss of cultural reference points.Composed and mixed at Césaré studio.


reviews

|Improjazz | 2006|

Sons indistincts comme ceux de la vie,indistinction même des enregistrements faits sur le terrain, en Guinée, et des montagnes sonores du studio. Travail de mémoire involontaire où le musicien laisse son corps agir, bercé par les sons et les souvenirs, cherchant à faire entendre la perte, l'absence de perspective, les plans brouillés comme dans l'énumération que découvre le cd quand on l'ôte du boîtier : "clay-childs-pain-devils-water-insects-animism-refugees-noises-healer-spirits-voices-sacred places-fever". Thomas Tilly nous place à l'intérieur sans architecture d'une rumeur musicale grumeleuse, dans un temps bien antérieur à toute construction, dans un laisser-aller que, malgrès son faible niveau sonore et ses caractéristiques sonores bien différentes, on pourrait peut-être comparer au laisser-aller du free, signe lui d'un débordement des digues. Qu'y avait il dans les sons avant que toute construction musicale vienneformer notre oreille? semble se demander thomas tilly.
Noel Tachet

|EtherReal | 2006|

En juillet 2002, le label parisien Evenement invitait le Poitevin Tô au Batofar lors d'une soirée dédiée au label. Tô ouvrait la soirée et fut une excellente surprise, produisant une musique sensible sans le moindre instrument, créant ses sons en direct, captant le bruit de la cire de bougies qui tombe, le ronronnement d'un disque en papier de verre sur une platine vinyle, etc... Sa musique qui comporte un aspect primitif ressemble à une mise en forme de données sonores récoltées par un ethnographe. Pour ce nouvel album, Thomas Tilly est allé en Guinée pour capturer des sons et ambiances naturelles, avec lesquels il compose.
Le titre, Elaeis Guineensis fait directement référence au pays, mais il s'agit en fait du nom latin d'un arbre, le palmier à huile. La référence à la nature est immédiate, bien que codée, à l'image de cette pochette, impression sur papier calque de branchages, que l'on peut voir aussi comme des veines, replaçant l'humain dans son milieu naturel. On a beau écouter cet album tranquillement chez soi, confortablement installé, rédigeant cette chronique sur un laptop dernier cri, en pleine ville, entouré d'immeubles, la musique de Tô nous renvoie à nos racines, à la nature dans ce qu'elle a de plus simple, à ce dont on ne fait plus attention, à ce que l'on finit par détester, comme l'orage qui ouvre ce disque, menaçant, puis la pluie, source de tintements ou crépitements, suivant qu'elle tombe sur des ardoises ou des brindilles.
A ces sons ambiants qui font de la musique de Tô de la musique concrète, se joignent d'autres bruits plus abstraits, plus "musicaux" au sens classique du terme, et servant de liant. Il s'agit principalement de souffles et drones, rapprochant cette musique concrète d'une ambient minimale. Ces composantes varient doucement, provoquent quelques élans, montées inquiétantes, évoquent un vent glacé alors que l'on est sensé se trouver en Guinée. Avec ses 24 minutes, le dernier morceau représente plus de la moitié de l'album, mais malgré sa durée hors norme, c'est celui qui devrait plaire au plus grand nombre. Après le tonnerre au loin, la pluie, les piaillements d'oiseaux pendant une accalmie, ce qui semble être un accord de violoncelle prend le relais. S'ensuit une magnifique montée, superposition de drones, jets de souffles bruitistes, pour une tension qui paraît infinie, et comparable sur la forme à un certain post-rock.
La musique de Tô ne fait pas dans l'esbroufe. Pas d'explosion finale. Une fois l'orage passé, les esprits (de la nature) apaisés, la vie reprend son cours. La pluie finit de tomber, bientôt les oiseaux reprendront leur chant, et ici les voitures continuent de circuler. Elaeis Guineensis, c'est un peu la Guinée chez vous, c'est aussi peut-être ça que l'on devrait appeler "musique du monde", car en fait on aimerait déjà que ce disque connaisse une suite afin de poursuivre le voyage, dans un autre pays.
Fabrice Allard

|Jade Webzine | 2005|

Prises de sons bruts orchestrées en novembre 2003 en Guinée, localisées en divers lieux du pays avec comme acteur central la forêt guinéenne, ce disque est décomposé en trois phases, trois étapes où s'entrecroisent et se sur impressionnent des thématiques mêlant en un tout éléments naturels, rites, mythes, quotidien, politique. Ainsi l'auteur, Thomas, au détour de ces intitulés ; refugees, Animism, Pan, Devils, Insects, Spirits, sacred places, etc. explore à nouveau, en se renouvelant les points de frictions, d'achoppement entre nature et culture. Un travail ethnologique sur le fond, environnemental dans son expression formelle où, armé de son micro, à la façon d'un Francisco Lopez, il part capter l'esprit d'un lieu, d'un peuple, d'un pays. Rires et chants, bruits et pluies nocturnes, agitations biologique, fantasmes en filigrane de la forêt.. voici un pur moment de compositions environnementales, à la hauteur des principaux artistes du genre. Un audio reportage finement ciselé, qui retranscrit avec force et expression les aspects les plus complexes comme les détails les plus fugaces de ce bout de terre d'Afrique.
Julien Jaffré

|Ligne de Mire | 2006 |

Thomas Tilly,alias Tô,pictave adepte du field recording,procédé d'enregistrement d'univers sonores environnementaux,nous promène au fil de ses albums au royaume du craquement délicat jusqu'au vent extrème et assourdissant.Le materiel d'Elaeis Guineensis a été collecté en Guinée,c'est à dire nulle part pour paraphraser Alfred Jarry et son Ubu Roi.Après tout peu importe la provenance du bruit si celui-ci est magnifié par son possesseur (qui sans l'aide d'un sorcier guerisseur a tout de mème failli clamser sur place!).Point de rythmes binaires et autres poum-tshack chez Tô,pas besoin de clefs ou d'initiations,il suffit de se laisser emporter par le vent,le feu,la pluie et le reste....d'origine inconnue.Aux dernières nouvelles,Thomas s'apprête à joindre la Roumanie (ou il fait -30°...)en quête de pureté et son contraire...J'allais oublier:Elaeis Guineensis est le nom latin d'un arbre endémique de la Guinée,les autochtones dans leur language indigène le nomment....tô.Il est à prévoir qu'a son retour,tous les alcools roumains porterons son nom.A la tienne thomas!
l.B.

|FEAR DROP | 2005 |

....La musique concrète de Tô, sur l'album elaeis guineensis (fissür),est littéralement située aux antipodes mais partage certains crépitements, certaines vibrations pleines avec l'exploration atmosphèrique. Tô a vraissemblablement enregistré les sons de base de cet album en Guinée, dans la forêt. Les comparaisons avec les travaux de Francisco lopez et Michael Northam serviront alors à confirmer une alphabet de geste et d'esthétiques (n'en déplaise au musicien espagnol) qui fait du crépitement et du souffle magmatique des signes musicaux à part entière. Tô fait vivre sa composition en dégradant les éléments les plus rapidements combustibles (les colères s'éffaçent peu à peu), évoluer sa densité (en domestiquant les vents infras), croître sa biomasse (quand les craquements infimes deviennent langage de mandibules).
DB.